Pour un budget enfin réaliste

Angoulême, le 11 octobre 2018,

Chaque année, au mois de décembre, le département vote le budget de l'année suivante. C'est un exercice délicat et de nombreux indicateurs permettent normalement d'anticiper les dépenses à venir, qu'il s'agisse du fonctionnement ou des investissements.

Un autre exercice obligé est le vote des décisions modificatives en cours d'année, qui pour leur part, permettent d'ajuster au mieux les enveloppes qui ont été définies pour chacune des politiques du département.

Le 12 octobre prochain sera votée par l'assemblée départementale la deuxième décision modificative pour l'année 2018.

À la lecture des rapports qui nous sont parvenus, nous ne pouvons pas comprendre un tel niveau d'impréparation et d'imprécision.

Les politiques sociales sont rabotées, par exemple les subventions aux associations oeuvrant auprès des personnes âgées et handicapées sont réduites de 23,8%.

Le RSa pour sa part voit son enveloppe augmenter de 1,7 million d'euros... on ne peut même plus parler d'ajustement mais de déroute de la part de l'exécutif : comment ce dernier n'a-t'il pas pu anticiper la revalorisation obligatoire du mois d'avril ? Comment n'a-t'il pas pu anticiper une hausse sensible du nombre d'allocataires qui figurait pourtant dans le rapport budgétaire ? Une nouvelle fois, le montant du RSa apparaît avoir été volontairement sous-estimé lors du vote du budget primitif afin de pouvoir artificiellement doper des politiques sociales qui sont fortement amputées par la suite.

On est là à la limite de l'insincérité et en tout cas à un degré d'amateurisme jamais vu à ce niveau de responsabilité.

Le budget principal voté en décembre s'établissait à 551 millions d'euros, après deux décisions modificatives, il passera à 647 millions d'euros... c'est ainsi un glissement de près de 20% en quelques mois, nous sortons là du fonctionnement normal d'une collectivité.

On ne peut plus parler d'ajustements mais d'un remaniement en profondeur des équilibres budgétaires du département : le budget voté en décembre nous apparaît désormais clairement comme un effet d'annonce sans ancrage dans le réel et qui après deux décisions modificatives, aura été profondément transformé, aux dépens des charentais les plus fragiles.

Nous condamnons cette méthode, nous nous opposerons à ces pratiques et nous commençons dès maintenant à poser des points de vigilance pour le vote du budget 2019 en décembre prochain.