Voilà où la passivité nous mène

Angoulême, le 13 mars 2019,

Un article paru dans Sud-Ouest de ce jour fait état de la décision de Mme Elisabeth Borne, Ministre auprès du Ministre d’Etat, Ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des Transports, de ventiler les crédits alloués aux travaux d’électrification de la ligne ferroviaire Angoulême-Saintes-Royan dans le cadre du CPER.

L’annonce faite par la Ministre est limpide : les crédits alloués dans le cadre du CPER aux travaux d’électrification de la ligne Angoulême-Saintes-Royan seraient réaffectés à l’étoile ferroviaire de Saintes.

Alors que je réunirai demain à Roumazières tous les élus des territoires traversés par la ligne ferroviaire Angoulême-Limoges, je ressens une profonde colère de ne pas avoir été écouté et suivi par François Bonneau et sa majorité lorsque je demandais, il y a plusieurs mois déjà, le redéploiement de ces crédits en faveur de la rénovation de la ligne Angoulême-Limoges, aujourd’hui à l’arrêt.

On se souvient qu’alors, François Bonneau avait rejeté avec mépris cette proposition, alors même qu’il savait déjà, à cette époque, que les travaux d’électrification ne pourraient être réalisés dans les délais impartis.

Or, je constate que Dominique Bussereau a été plus pragmatique. Comme les élus de mon groupe au Département et moi-même, il a défendu son territoire et obtenu que ces crédits soient redéployés au profit de l’étoile ferroviaire de Saintes là où nous voulions les ventiler afin d’améliorer celle d’Angoulême. Car les trois lignes ferroviaires ciblées par la Ministre (lignes Saintes-Angoulême, Saintes-Bordeaux et Saintes-Niort), concourent à renforcer l’étoile ferroviaire de Saintes. Autrement dit, ces crédits pourtant fléchés pour moitié sur la Charente, ne profiteront qu’à la Charente-Maritime ou presque.

François Bonneau, lorsqu’il déclare que ce n’est pas un enterrement de première classe montre qu’il n’est pas un professionnel en la matière … Je sais de quoi je parle ! Car son ami Dominique Bussereau vient de faire une mise en bière de la ligne Limoges-Angoulême-Cognac.

Je ne peux donc que déplorer la passivité de François BONNEAU, qui n’a pas su défendre les intérêts de la Charente, laissant échapper des crédits que nous avions obtenus lors de la négociation du CPER et qui devaient contribuer au développement des infrastructures Charentaises. Pourquoi n’a-t-il pas essayé, lorsque je lui ai fait part de cette proposition, de convaincre l’Etat de redéployer ces crédits sur la ligne Angoulême-Limoges et donc, sur l’étoile ferroviaire d’Angoulême ?

J’observe d’ailleurs avec ironie que Dominique Bussereau a fait le même constat que moi : « puisque les travaux préparatoires (à l’électrification) ne sont pas faits, nous proposons de ne pas perdre de temps et que notre co-financement serve immédiatement aux travaux urgents qu’il faut faire entre Saintes et Bordeaux »Je disais alors exactement la même chose, mais à propos de la ligne Angoulême Limoges… Et François Bonneau m’avait alors répondu par le mépris.

Je déplore également que Jérôme SOURISSEAU, qui s’était un temps intéressé à l’avenir de la ligne Angoulême-Limoges au nom de la solidarité territoriale, accepte cet état de fait sans réclamer de contrepartie pour la ligne Angoulême-Limoges, au nom, précisément, de la justice et de la solidarité entre les territoires.

Au final, après avoir tout fait pour obtenir une gare bis qui aurait contribué à dévitaliser la gare centre d’Angoulême, François Bonneau enfonce encore un peu plus l’étoile ferroviaire d’Angoulême, pour un résultat éloquent : il n’aura obtenu ni électrification de la ligne Angoulême-Saintes-Royan, ni rénovation de la ligne Angoulême-Limoges, mais il aura contribué à fragiliser la gare centre d’Angoulême. Il aura donc perdu sur toute la ligne, si l’on peut dire…. Au-delà de son échec personnel, c’est une grave erreur politique, dont la Charente paiera le prix, je le crains, pendant très longtemps.

Par son manque d’implication et de lucidité, François Bonneau s’est fait berner par ses amis politiques, au détriment de la Charente et de tous les Charentais. Car ce qui est aujourd’hui annoncé pour l’étoile de Saintes aurait dû ou pu permettre de renforcer l’étoile ferroviaire d’Angoulême. Loin de baisser les bras et de rester passif face aux évènements, je vais pour ma part et avec les 17 élus de mon groupe politique et ceux de la Communauté de Communes de Charente-Limousine, continuer à me battre pour que la Charente obtienne de ses partenaires ce qu’a obtenu la Charente-Maritime, et cela dès demain. Je sais par ailleurs pouvoir compter sur la totale implication de la Région Nouvelle-Aquitaine dans ce dossier, qui travaille depuis plusieurs mois à trouver une solution pérenne au problème de mobilité rencontré dans les territoires auparavant desservis par les TER Angoulême-Limoges.

Cette situation me désole et me conforte d’ailleurs dans ma méfiance sur le mariage déjà acté des deux Charente sur le tourisme, car là aussi, je crains que François Bonneau ne se fasse dépouiller par ses amis politiques… La mariée était peut-être trop belle.

Bravo François Bonneau !