À l'automne, les déceptions se ramassent à la pelle

Angoulême, le 11 octobre 2016,

L'assemblée départementale avait un programme chargé, ce matin avec l'examen de la deuxième décision modificative au budget 2016 et la présentation du programme de la droite, un peu plus d'un an après son arrivée à la tête de notre département.

Concernant la décision modificative, cette dernière était assez courte, avec peu de crédits nouveaux (2 millions d'euros, contre 48 millions d'euros pour la première décision modificative de l'année, en juin dernier).

Comme nous l'avions signalé lors de l'examen du budget, une démarche purement politicienne a conduit la majorité à refuser, sciemment, de prévoir suffisamment de crédits pour assurer le versement de l'allocation RSA. Cette position assumée au cours de ces deux décisions modificatives a conduit la majorité à inscrire 326 000 euros supplémentaires en réserve pour dépenses imprévues, ce qui porte le total de cette réserve à 2 650 000 euros.

Il ne nous semble pas que le RSA puisse être qualifié de dépense imprévue.

Cette manoeuvre grossière, qui n'a pour but que de pouvoir régler les organismes payeurs du RSA au mois de décembre et qui amène notre institution aux frontières de la légalité, nous semble être une entorse intolérable à la sincérité des comptes et nous pousse, à regret, à saisir le préfet, pour qu'il puisse donner son opinion sur cette méthode.

Concernant le programme de la droite, baptisé « 2025 : Un défi pour la Charente » nous sommes resté un peu sur notre faim, tant ce document tient plus de la plaquette de présentation que d'une véritable ambition pour notre département.

Sur ce « projet », nous observons plusieurs points qui méritent notre attention :

• la baisse progressive des impôts, que préconisait la droite, a totalement disparu ;

• sur les infrastructures, il ne s'agit que de l'application du Contrat de Plan État-Région que nous avions négocié en 2014 ;

• concernant l'économie, qui n'est plus une compétence départementale, il est prévu de créer le « Comptoir charentais », qui ne sera qu'un numéro vert pouvant aiguiller les entreprises vers les institutions compétentes en la matière ;

• un chapitre « Insertion » rédigé dans une novlangue incompréhensible ;

• des ambitions touristiques qui se résument à notre proximité avec la Charente-Maritime.

Ce qui nous dérange dans ce projet, finalement ce n'est pas ce qu'il contient, mais ce qu'il ne contient pas.

Quinze lignes à peine sur le Très Haut Débit, qui est pourtant un sujet incontournable et une grande attente de la part des Charentais. Nous aurions aimé avoir des réponses aux nombreuses questions juridiques dans lesquelles le département est englué et qui de mois en mois lui font changer son fusil d'épaule sur ce sujet.

Aucun mot, enfin, sur le personnel départemental, sur ces hommes et ces femmes qui sont la sève de notre institution et qui donnent toute leur énergie au service du public. La majorité les réduit à une charge comptable et n'évoque nulle part leur cadre de travail, l'évolution de leurs missions et de leurs conditions de travail.

Pour la majorité, l'état de grâce est terminé, le programme est sur la table et les faits vont être têtus. À l'heure du bilan, la déception sera la conséquence du manque d'ambition que nous avons vu aujourd'hui.