Éducation : les banlieues ne sont pas un laboratoire

Angoulême, le 6 février 2017,

Lors de la Commission permanente du Conseil départemental qui s'est tenue ce matin était évoqué la mise à disposition d'un local appartenant au département pour y installer une école hors contrat, gérée par l'association « Éducation partagée en Charente ».

Les renseignements qui nous sont parvenus concernant « Espérance banlieue », qui sert de modèle à cette structure, notamment le soutien dont elle bénéficie de la part de figures proches de la « Manif pour tous » suscitent chez nous un certain nombre de questions, dont la presse s'est faite l'écho. Nous avons à ce titre interpellé le Président du Conseil départemental, François Bonneau afin qu'il retire cette délibération en attendant d'obtenir de plus amples informations.

Nous n'avons pas été entendu et cette délibération a été adoptée.

Nous regrettons profondément la défiance dont fait preuve le Conseil départemental envers l'Éducation Nationale, alors même que Monsieur le Préfet était présent ce matin pour souligner l'engagement de l'État en Charente, y compris dans l'éducation, avec des créations de poste dans les quartiers populaires malgré une baisse des effectifs de 500 élèves par an dans notre Département.

De plus, cette délibération est en contradiction complète avec le discours habituel de la majorité, qui commence à remettre en cause la pérennité de certains collèges et le financement de nombreuses missions qu'elle considère comme annexes ou ne faisant pas partie de ses compétences centrales.

Il est pourtant évident que l'éducation privée hors-contrat ne fait pas partie des compétences départementales et ne fait d'ailleurs pas partie des compétences de quelque collectivité que ce soit.

Nous resterons très vigilants sur ce qui semble être la volonté de créer un système éducatif parallèle, avec un très faible niveau de recrutement des enseignants (Bac +3), des méthodes éducatives contestables et un discours paternaliste vis-à-vis des populations des quartiers populaires : tout cela nous semble plus relever d'une nostalgie des années 50 que d'une véritable solution d'avenir à un problème qui est pourtant bien réel et dont l'État a pris la juste mesure, avec courage et volontarisme.

Nous continuerons à nous battre pour que l'Éducation soit un service public accessible à tous, tourné vers l'avenir et respectueux des valeurs Républicaines.