Offensive des départements de droite sur le RSA : le dénigrement c’est maintenant

Angoulême, le 19 septembre 2016,

Le nouveau président « Les Républicains » de l’Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau a enclenché cette semaine une mobilisation des départements contre le gouvernement, au prix de quelques contre-vérités à des fins bassement politiciennes.

Oubliant que c'est Jean-Pierre Raffarin qui en 2004 avait confié aux départements le financement du RSA en faisant reposer ce bouclier social sur les finances locales et non sur la solidarité nationale, oubliant aussi que les candidats à la primaire de droite suggèrent de multiplier par deux les baisses de DGF, oubliant enfin que les départements de droite n’ont pour certains jamais cherché à trouver une solution et ont préféré ponctuer les négociations avec le gouvernement de propositions hasardeuses et provocatrices (bénévolat obligatoire, décentralisation des CAF, décentralisation totale du RSA, remboursement du reste à charge assumé par les départements depuis 2004, etc), la stratégie actuelle semble être de dénigrer le gouvernement en fuyant ses responsabilités.

Le gouvernement a pourtant proposé une solution généreuse de reprise intégrale des dépenses du RSA sur la base des dépenses constatées en 2016 en préservant les finances et en maintenant les recettes départementales les plus dynamiques, en prévoyant une clause de retour à bonne fortune, une solidarité financière entre départements avec un fond de péréquation de 200M€ (pour que les départements avec les dépenses les plus lourdes soient soutenus par ceux les moins en difficultés).

La réalité, en effet, c'est que le gouvernement n'a pas abandonné les départements, ce sont ces derniers qui ont choisi sciemment de se priver de 700 millions d’euros de ressources et qui ont organisé pour certains leur insolvabilité pour pouvoir plus librement préparer le terrain à une éventuelle alternance en 2017, avec pour projet une allocation départementale, dont les critères et les montants seraient modulables en fonction des territoires. Un programme de casse sociale qui est incompatible avec l’idée même d’une recentralisation du RSA. Cette réalité peut, pour quelques temps, s’accommoder d’éléments de language, de mensonges et d’omissions, mais elle finira par apparaitre dans tout son cynisme et dans toute sa dimension politicienne.

Nous resterons les fervents défenseurs de l'égalité et de la justice sociale pour tous les charentais et nous serons là, aujourd’hui et demain, pour protéger les citoyens les plus fragiles.