Sur le dialogue social comme sur le numérique: le débit se tarit

Angoulême, le 20 juin 2017,

La séance publique de ce matin était destinée à adopter le compte administratif de l’année 2016 et la première décision modificative de l’année 2017.

Cette séance a été marquée par un mouvement de protestation du personnel du Département. Ce dernier déplore, à juste titre, un dialogue social compliqué avec la majorité de droite et un sentiment d’abandon par la collectivité, notamment concernant les travailleurs sociaux dont le travail déjà éprouvant est compliqué par un manque de moyens.

Nous avons déjà alerté depuis des mois l’exécutif départemental sur la nécessité de restaurer un dialogue constructif avec les partenaires sociaux et de mieux prendre en compte les risques psycho-sociaux subis par les agents : nous espérons que la manifestation de ce matin provoquera enfin une prise de conscience.

Les agents sont l’ADN de l’institution départementale, nous tenons à saluer leur travail irréprochable, réalisé dans des conditions parfois difficiles : ils méritent d’être soutenus.

L’autre sujet central de cette matinée était le Très Haut Débit, projet majeur et principale promesse de campagne de François Bonneau.

Conscients très tôt que le Très Haut Débit était un enjeu majeur, nous avons dès 2014 adopté un Schéma départemental d’Aménagement Numérique ambitieux qui s’appuyait sur le Syndicat Départemental d’Électricité et de Gaz (SDEG) pour déployer rapidement la fibre sur le département.

Hélas, cette fibre n’aurait pas été estampillée « Majorité départementale » et la nouvelle équipe a décidé, lors de son arrivée au printemps 2015, de tout revoir du sol au plafond par pure volonté d’affichage.

On allait voir ce que l’on allait voir et fin 2015, promis, tout serait calé.

Afin de pouvoir afficher sa marque sur ce grand projet, la majorité a décidé de créer un nouveau syndicat mixte « Charente Numérique » au mépris des règles de compétences et de légalité que nous avions immédiatement soulevées. Combien de temps aura-t-il fallu pour qu’elle corrige son erreur ?

Nous sommes en 2017 et le retard est déjà de deux ans et demi. Aujourd'hui nous avons attiré l’attention de la majorité sur une irrégularité qu’elle semblait ignorer : un problème lié au financement.

En effet, le nouveau syndicat mixte « Charente Numérique » ne peut pas légalement recevoir les financements des communes via le SDEG, les fonds de concours en cascade étant interdits.

Voilà donc un nouveau blocage, conséquence d’un amateurisme jamais vu à ce degré de responsabilité. La majorité se trouve maintenant obligé d’ajouter des pièces à son usine à gaz, sans savoir réellement quand elle pourra commencer a apporter des solutions concrètes aux Charentais qui désespèrent, quand ils ne sont pas tout simplement furieux de voir la technologie évoluer sans eux.

Des alternatives rapides et concrètes existent : montée en débit, 4G fixe, des pistes financièrement plus raisonnables et dont le déploiement pourrait être réalisé à très court terme.

Encore faut-il avoir la volonté d’apporter des solutions aux Charentais, même quand elles sont dépourvues d’affichage politique.