THD en Charente : Récit d’un naufrage

Angoulême, le 4 novembre 2016,

En 2012, la Charente est encore à gauche et l'équipe de Michel Boutant met autour de la table les services du département, les communes et les EPCI afin d'élaborer un Schéma Départemental d'Aménagement Numérique (SDAN) qui sera voté à l'unanimité fin 2013.

À l'époque nous calculons que relier tous les Charentais à la fibre optique aurait un cout de 288 Millions d’euros et nous optons plutôt pour fibrer en priorité tous les chefs-lieux de cantons et faire de la montée en débit à partir de ces implantations.

En 2014, il faut déterminer qui sera le maître d’ouvrage de ce grand projet. Nous constatons l’évidence: les trois-quarts des communes Charentaises ont délégué leur compétence au Syndicat Départemental d’Électricité et de Gaz (SDEG) et ce dernier a déjà de l’expérience dans ce type de travaux.

Malgré nos différences de couleur politique, nous convenons alors avec le SDEG de travailler ensemble dans l’intérêt des Charentais, d’autant que nous pouvons avoir accès ensemble à des financements complémentaires.

Les élections départementales passent par là et la droite devient majoritaire au département. Le Très haut débit étant la seule promesse du candidat Bonneau, le département souhaite alors pouvoir poser son sceau sur chaque mètre de fibre optique déployée, pour des considérations de pure communication... quitte à mettre de coté le SDEG.

C’est donc pour une simple notion d’égo que François Bonneau et Jacques Chabot nous proposent depuis un an diverses tergiversations et revirements.

Nous avons voté en septembre la création d’un Syndicat Mixte Ouvert « Charente Numérique » dont nous avions signalé qu’il n’aurait pas la compétence télécommunication car les communes l’avaient déjà déléguée au SDEG, ce à quoi un François Bonneau sûr de lui a rétorqué que notre interprétation de la loi n’était pas la bonne.

Il faut pourtant croire que si, puisque les services de l’état ont confirmé notre vision auprès des services du Conseil départemental: la majorité a ainsi poussé l’amateurisme à des niveaux jamais vus à ce degré de responsabilité.

Elle est revenue aujourd’hui en commission permanente nous proposer d’approuver les statuts de ce nouveau syndicat mixte ouvert, véritable coquille vide qui n’aura aucune compétence à mettre en oeuvre. Ce ne sont pas les services du département qui sont en cause, mais bien un blocage politique de la majorité allant à l’encontre du bon sens.

Pour une fois, nous avons donc tout simplement refusé de voter, nous ne participerons pas à ce triste spectacle, mélange d’incompétence et de narcissisme, qui fait perdre un temps précieux aux Charentais.

Le schéma que nous avions voté en 2013, pour sa part, dort dans les cartons.