Un an, zéro bilan

Angoulême, le 1 avril 2016,

Il y a un an, François Bonneau était élu président du Conseil départemental. On allait voir ce qu’on allait voir ! Hausse des investissements dans les collèges, travaux sur nos routes départementales, développement du covoiturage, lutte contre les zones blanches en téléphonie mobile, parc d’attraction générateur de recettes pour notre territoire….

Oui mais ça, c’était avant. Avant que François Bonneau, pointant du doigt une situation économique contrainte, ne décide de faire machine arrière toute. Les finances du Conseil départemental n’étaient pas en cause : leur gestion saine par la majorité de gauche entre 2004 et 2015 est reconnue de tous.

Non, c’est l’ignominieux État qui fut pointé du doigt, cet État qui abandonnerait les collectivités. Certes la baisse des dotations impose des choix parfois difficiles, et Michel Boutant avait dû s’y résoudre avant François Bonneau. Il est toutefois regrettable que le nouveau Président du Conseil départemental n’ait pas pris en compte cette diminution progressive des dotations (diminution que les amis politiques de Monsieur Bonneau souhaitent doubler), pourtant connue bien avant les élections, avant de faire des promesses inconsidérées.

L’examen du budget 2016 aura mis en valeur l’absence de vision de François Bonneau pour notre territoire. Il ne cesse de souligner son investissement en faveur du très haut débit, sa principale promesse de campagne. Oui, la promesse est pour le moment tenue, mais à quel prix ? Rappelons par ailleurs que sa majorité a admis à demi-mot que la fibre pour tous n’était pas envisageable dans un futur proche… Alors que la gauche proposait un schéma cohérent et clair pour 13 millions d’euros, il en a ajouté 13, au détriment des solidarités, des petites communes, de la culture, du sport, des routes, des collèges. Au détriment de l’investissement et donc des entreprises charentaises, donc de l’emploi.

Quant au rapprochement des comités départementaux de tourisme des deux Charentes, dont François Bonneau s’est prévalu hier en conférence de presse, il laisse planer de nombreux doutes. On peut ainsi craindre que cette fusion-acquisition ne se fasse au détriment des terres de l’Est charentais, et ne coupe notre département en deux.

Il reste cinq années à François Bonneau pour convaincre. Largement le temps, nous répondra-t-on, pour développer de nouveaux projets. Mais la façon dont le Département est géré depuis un an n’est pas là pour nous rassurer. Nous aimerions connaître les perspectives de la nouvelle majorité, son ambition pour le territoire, mais nous ne voyons pour le moment qu’un immobilisme potentiellement dévastateur pour la Charente.