Mi-Mandat, l'heure du bilan
Nous sommes aujourd’hui à la moitié du mandat qui nous a été confié en avril 2015. C'est un bon moment pour faire un premier bilan, non seulement du travail que nous avons accompli mais également des politiques qui ont été menées par la majorité départementale de François Bonneau.

Voici quelques thématiques sur lesquelles notre vision est très différente de celle de cette majorité :

Les politiques sociales

Le très haut débit

Les aides individuelles

Les circuits-courts

La mobilité

Les infrastructures

Le Centre de Saint-Lary

Le Pôle Image

La gestion du Personnel

Les politiques sociales

Cette question revient systématiquement dans la bouche de nos interlocuteurs Charentais : pourquoi le Département a-t-il autant diminué son investissement dans les EHPAD ? La politique du Département à l'égard de nos aînés est en effet le parent pauvre de la politique départementale, preuve en est, le point GIR, qui conditionne la tarification, est l'un des plus faibles de Nouvelle-Aquitaine.

Concernant les investissements proprement dits, nous vous invitons à comparer les budgets primitifs (BP) des années 2015, 2016, 2017 et 2018, en gardant bien à l’esprit que le BP 2015 a été élaboré par la précédente majorité de gauche.

Les investissement dans les EHPAD, c’est-à-dire dans les établissements qui accueillent nos aînés, étaient de 1,217 M€ en 2015. Il sont de 876 000 € en 2018. Entre le Budget de l’année 2015 et le budget de l’année 2018, le Département a donc diminué de plus de 28% son investissement.

Pour le maintien à domicile des personnes âgées, alors que le Département consacrait 405 000 € à cette politique en 2015, il ne lui consacre plus que 319 000 € en 2018, soit une diminution de 21,2%. Pourtant, il s’agit là d'un investissement essentiel pour le bien-être de nos ainés : le maintien à domicile étant une manière, pour les personnes âgées, de continuer à vivre chez elles. C'était un élément central de notre politique à l'égard des personnes âgés et il est aujourd'hui laissé en déshérence.

Prenons encore l’exemple du budget alloué aux aides ménagères aux personnes âgées et handicapées. Nous consacrions en 2015 pas moins de 405 000 € à la ligne budgétaire « Aide ménagère aux personnes âgées » et 100 000 € à ce dispositif à destination des personnes handicapées. En 2018, ces budgets sont en baisse respectivement de 21,2% et de 42%. Cette diminution est importante et assez inexplicable : y-a-t-il eu en Charente, entre 2015 et 2018, une diminution de 42% du nombre de personnes handicapées et de 21% des personnes âgées susceptibles de solliciter une aide, au titre de ce dispositif ?

Nous pourrions énumérer ainsi plusieurs politiques de solidarité qui ont à fait l’objet d’une diminution de leur dotation, la liste est encore longue : les allocations compensatrices ont-elles aussi beaucoup diminué, passant de 680 000 € en 2015 à 530 000 € en 2018…

Au final, on remarque que si le Département communique sur une hausse –réelle- de certains crédits alloués à quelques politiques, il oublie de dire que ses recettes sont elles aussi en nette augmentation. En d’autres termes, le Département a des recettes plus importantes, donc il se permet de dépenser plus. Au final, on remarquera que pour de nombreuses politiques sociales, les recettes ont beaucoup plus augmenté que les dépenses et que l’investissement que nous pourrions dire « réel » du Département a pour sa part diminué.

➜ Ce que nous aurions fait

Nous considérons pour notre part que les aides ménagères ne sont pas un luxe pour les personnes handicapées, les personnes âgées et leurs familles. Il faut, là encore, prendre la mesure de la détresse de certaines familles et mettre des moyens à disposition. On parle là que 400 000€ à peine, sur un budget départemental de 563 Millions € !

De 2004 à 2015 nous avions révolutionné la prise en charge des personnes âgées et des personnes handicapées en Charente, en mettant en place de nombreuses politiques innovantes dont certaines ont été reprises par d'autres départements.

Nous aurions continué sur cette dynamique et nous aurions maintenu les crédits au moins au niveau où ils étaient, car avec le vieillissement de la population, baisser drastiquement les crédits affectés à ces politiques est incompréhensible.

Le très haut débit

Suite aux élections départementales de 2015, la nouvelle majorité de François Bonneau estime que notre plan de déploiement du Très Haut débit ne vas pas assez loin. Elle ne se contente pas de revoir la copie, elle décide de tout changer, du sol au plafond.

Trois ans plus tard, rien n'est lancé et face au coût économique très important de son nouveau plan, la droite charentaise a fait le choix de faire payer les Communautés de communes et donc d'augmenter les impôts des Charentais.

Le coût exorbitant de ce projet aurait pourtant pu être largement réduit si le Département avait ouvert la porte aux principaux intéressés : les opérateurs, qui voulaient investir sur leurs fonds propres dans notre département mais qui ont été mis à la porte sans ménagement, pour que François Bonneau puisse inscrire son nom sur son réseau.

Pourtant rien ne garantit que des opérateurs viendront déployer leurs offres commerciales sur ce réseau public. C'est un pari risqué qui joue avec l'argent des Charentais.

Preuve de cette gabegie : le département de la Charente-Maritime, que François Bonneau cite pourtant toujours en exemple, a réalisé un plan beaucoup moins couteux pour les finances publiques, avec recours aux opérateurs privés et 0€ demandés au bloc communal.

C'est avec cet exemple en tête que nous avons demandé à François Bonneau lors du dernier budget d'assumer ses responsabilités et de prendre à sa charge la part du bloc communal.

➜ Ce que nous aurions fait

De par la loi, un Conseil départemental a pour première obligation d'assurer les politiques sociales du département, pas de s'improviser opérateur téléphonique. Nous aurions continué l'application du schéma d'aménagement que nous avions voté en 2014 : une grande partie de nos concitoyens n'aurait pas perdu 3 ans et aurait déjà accès à un internet de qualité. Dans un deuxième temps, nous aurions appliqué à l'échelle de notre département ce que nous avons fait récemment en Charente Limousine : déployer de la fibre optique avec une majorité de financements privés, un calendrier de déploiement garantit par l'État et des sanctions en cas de retard.

Les aides individuelles

Que vous soyez particulier, président d’association, élu, étudiant, ou une personne momentanément en difficulté, vous pouvez bénéficier de plusieurs dispositifs. Or, nous avons la désagréable impression que le Département souhaite ne pas communiquer sur certains dispositifs pour, sans doute, justifier de leur suppression demain. Ainsi, prenons l’exemple des bourses départementales d’éducation ou l’allocation d’éloignement pour les élèves internes : l’information est si difficile à trouver que vous êtes de moins en moins nombreux à solliciter ces aides. De notre côté, cela nous alarme, car nous craignons que la majorité ne les supprime demain au motif qu’aucun dossier n’aura été déposé... faute d'avoir signalé leur existence.

➜ Ce que nous aurions fait

De manière générale, nous aurions davantage communiqué sur les dispositifs départementaux. Car vous êtes nombreux à nous écrire pour nous demander à quoi vous avez droit. Si vous vous interrogez, c’est que vous n’avez pas accès facilement à l’information et qu’il est bien souvent trop tard pour solliciter cette aide. Nous considérons que nous avons une mission de service public et que le Département doit informer chaque citoyen de l’aide qui peut lui être apportée. C’est là tout le sens de la solidarité, parce que nous considérons que les publics en difficulté n’ont pas toujours les moyens d’aller chercher l’information.

Les circuits-courts

Le département a un levier qui peut lui permettre de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique et à la défense de nos filières agricoles d'excellence : ce levier, ce sont les approvisionnements en nourriture des cantines scolaires des 38 Collèges du département. Cela correspond à un tonnage conséquent et c'est un vrai enjeu pour notre économie agricole.

L'adhésion du département à la plateforme Agrilocal va dans le bon sens et nous aurions pu nous attendre à une évolution positive sur ce sujet. Il est dommage que dans le même temps, le département mette en difficulté les entreprises locales en confiant le marché public pour la fourniture en viande de nos Collèges à une société Vendéenne, aux dépens des producteurs locaux et de nos éleveurs, qui subissent de plein fouet ce désengagement.

➜ Ce que nous aurions fait

Nous aurions remis à plat toute l'organisation des cantines scolaires, en lien avec les groupements des écoles primaires et des Lycées afin de créer une véritable stratégie départementale de circuits courts. La Charente a pris dans ce domaine un retard très conséquent, notamment sur ses voisins.

La mobilité

De part l'application de la loi NOTRe, la compétence transport a été confiée aux Régions. Pourtant de nombreuses possibilités demeurent pour que cette institution puisse participer aux mobilités du quotidien pour les Charentais les plus fragiles :

D'une part, les personnes âgées, qui sont parfois très isolées et qui n'ont pas accès dans le milieu rural a une offre de transport qui leur corresponde ;

D'autre part, les personnes éloignées de l'emploi et qui n'ont pas le permis de conduire, ce qui rend leur insertion professionnelle plus compliquée.

Pour ces publics, le département devrait fournir une offre spécifique et se montrer volontariste, nous constatons malheureusement un manque total d'ambition sur ce sujet majeur.

➜ Ce que nous aurions fait

Nous l’avions dit en 2015 et nous le pensons toujours : le transport à la demande est un impératif pour un département comme le nôtre. Trop de personnes âgées sont aujourd’hui isolées dans nos campagnes, faute de pouvoir se déplacer. Ce service leur apporterait de la souplesse et leur permettrait de continuer à vivre presque normalement. Les effets positifs d’une telle mesure seraient nombreux : maintien du lien social, maintien des personnes à domicile dans une certaine mesure, attractivité de certains villages aujourd’hui trop isolés pour conserver leurs habitants.

Des navettes-marché auraient également pu voir le jour, avec tous les avantages que cela procure pour les citoyens, mais également pour les marchés et donc la vie économique.

Pour les publics éloignés de l'emploi, le département devrait soutenir de manière plus importante les auto-écoles solidaires, et proposer aux allocataires du RSA un accompagnement dans la mobilité afin de leur permettre de trouver plus facilement un emploi.

Les infrastructures

La majorité a bénéficié du Contrat de Plan Etat-Région négocié par Michel Boutant juste avant les élections de 2015 : ainsi l'intégralité des projets qui sont actuellement en cours (RN141 Est et Ouest ainsi que Reignac-Chevanceaux sur la RN10) sont des projets que nous avions lancé et financé.

Cependant, la majorité s'est trouvée un hobby: fantasmer la création d'une gare Bis à Asnières-sur-Nouère, que strictement personne à part elle ne souhaite financer.

La seule gare charentaise sur la LGV Océane, c’est la gare TGV d’Angoulême. Toutes les gares situées en « rase campagne », sans connexion avec le TER, ont été des échecs :

- Echec commercial avec une fréquentation qui ne décolle pas ;

- Echec écologique avec des parkings de plusieurs hectares pour un modèle « tout voiture » ;

- Echec économique, car le développement économique ne se décrète pas, il se prépare.

De plus, la Cour des Comptes a rappelé à de nombreuses reprises son opposition farouche aux Gares extérieures qui n'ont pas d'interconnexion avec les TER : quelle collectivité va donc aller financer une gare en sachant qu'elle risque ensuite de se faire taper sur les doigts par la Cour des Comptes ?

Le Département dépense donc du temps et de l'argent dans un projet qui divise et qui n’a l’appui de personne...

➜ Ce que nous aurions fait

Plutôt que de nous aventurer dans un projet à plusieurs dizaines de millions d’euros, nous aurions tout misé sur la gare d’Angoulême, pour que la ville profite de cette desserte et ne se fasse pas « siphonner » ses passagers, nous aurions travaillé de concert avec la Région, la Ville d’Angoulême et GrandAngoulême à la création d’un hub ferroviaire dans cette gare située au centre géographique de la Nouvelle-Aquitaine.

Il aurait fallu travailler sur le cadencement entre les TER et les TGV, sur la qualité des correspondances avec le réseau régional et sur la régularité des trains. En quelques mots, il aurait fallu travailler au rayonnement de la gare d’Angoulême sur tout son hinterland, pour gagner en attractivité et en développement économique.

Le Centre de Saint-Lary

Coup de tonnerre à l'été 2016, le département décide de mettre en vente le centre de Saint-Lary-Soulan, à la surprise générale. Après de nombreuses protestations, François Bonneau fait machine arrière avant de revenir à la charge un an plus tard en annonçant fièrement qu'un acheteur s'apprêterait à acquérir le centre.

Mauvaise pioche, la vente a capoté et le département est revenu à la case départ, il a depuis renoncé à vendre le centre et a fait peur pour rien aux acteurs de l'éducation.

➜ Ce que nous aurions fait

Il aurait été envisageable de développer les activités du centre, par exemple en l’ouvrant davantage au grand public : la majorité de gauche avait su ainsi transformer le centre du Chambon, en l'ouvrant aux randonneurs.

Notre méthode : privilégier la concertation et le dialogue et explorer toutes les possibilités en restant en lien avec tous les acteurs.

Le Pôle Image

Le pôle image est dans notre département une réussite incontestable, dont nous fêtons aujourd’hui les 21 ans d’existence. Les nombreux emplois créés attestent du dynamisme de cette filière et son rayonnement profite non seulement à Angoulême mais au-delà à tout le département. Aujourd’hui ce modèle doit se réinventer pour continuer à attirer de nouveaux talents et de nouveaux projets.

Suite à la loi NOTRe le département a perdu sa compétence économique au profit de la Région Nouvelle-Aquitaine. Cette dernière souhaite soutenir massivement Magelis et naturellement avoir une représentativité proportionnelle à son investissement : malheureusement par pure volonté de communication politique, le département souhaite garder la main sur un outil qui n'est plus de sa compétence, quitte a l'amener dans le mur.

En attendant, les professionnels sont furieux, des entreprises partent déjà vers Bordeaux et aucune amélioration n'est en vue sur ce sujet pourtant majeur.

➜ Ce que nous aurions fait

La Région Nouvelle-Aquitaine et l'Agglomération d'Angoulême sont par la loi les acteurs du développement économique. Cette grande Région a un poids et un impact économique sans commune mesure avec un département et peut donner ce nouvel élan dont Magelis a besoin. C'est ce qu'attendent les professionnels de l'image, et les habitants de ce bassin de vie.

La gestion du Personnel

Depuis trois ans, le personnel départemental est mis dans une grande insécurité. Chaque jour, ses conditions de travail se détériorent : suspicion sur les horaires réellement effectués, demandes de dernière minute, ordres suivis de contre-ordres, ce contexte de tension rend le quotidien difficile, d’autant plus que de nombreux départs à la retraite ne sont pas remplacés et que plusieurs postes sont tout simplement supprimés sans que la collectivité ne songe à recruter un agent pour reprendre en charge les missions.

Au final, ce sont des agents déjà bien occupés qui doivent donc s’en acquitter en plus des missions qu’ils exercent déjà… On demande donc aux agents de faire plus avec une durée de travail hebdomadaire qui reste inchangée à 39h.

Enfin, nous condamnons la manière dont cette majorité a mis en place le tout nouveau Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP). Au-delà d’un manque de concertation évident, nous dénonçons la mise en porte-à-faux des managers, entre la direction qui dicte ses conditions et les agents sommés de les accepter. La direction a clairement abandonné ses managers, qui sont en grande difficulté.

Décidée en haut, cette nouvelle donne s’est imposée sans réelle concertation et sans équité : on a vu paraître des quotations de postes fantaisistes au regard de la fiche de poste des agents, des indemnités compensatrices qui varient d’une poignée à plusieurs milliers d’euros, des agents qui occupent des postes identiques depuis des années se retrouver avec une quotation pourtant différente. Cela génère des tensions et un sentiment d’injustice qui nuit à la qualité de vie au travail. Ajoutons que l’indemnité compensatrice, dont la durée de vie est de 4 ans, est vécue comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de chaque agent.

➜ Ce que nous aurions fait

Nous aurions fait différemment, à commencer par la méthode. Nous prônons la concertation et l’écoute. Nous aurions pris notre temps, discuté avec les agents et leurs représentants, travaillé à la mise en œuvre de ce dispositif avec les organisations syndicales. Notre préoccupation première n’aurait pas été de contenir la masse salariale à tout prix et quoi qu’il en coûte, mais bien de réfléchir aux missions du Département et d’organiser ses services en fonction de l’importance que nous donnons à ces missions : la solidarité d’abord puisque c’est notre priorité, et toutes les missions obligatoires ensuite, et celles que nous voulons mettre en avant d’une manière ou d’une autre : soutien à la culture, à l’agriculture, etc

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